Moulins (la dénomination Moulins-sur-Allier est parfois utilisée, notamment par la SNCF) est une commune française, préfecture du département de l'Allier, dans la région Auvergne. Capitale historique du Bourbonnais, l'agglomération s'étend le long l'Allier.
Ses habitants sont appelés les Moulinois.Moulins (Allier)#Héraldique
Détail
Administration
Pays France
Région Auvergne
Département Allier (préfecture)
Arrondissement Moulins
Canton Chef-lieu du canton de Moulins-Ouest et du canton de Moulins-Sud
Code Insee abr. 03190
Code postal 03000
MaireMandat en cours Pierre-André Périssol
2008 - 2014
Intercommunalité Communauté d'agglomération de Moulins
Site internet MOULINDémographie
Population 20 599 hab. (2006)
Densité 2 392 hab./km²
Gentilé Moulinoise, Moulinois
Géographie
Coordonnées
géographiques [Montrer la localisation sur une carte interactive] 46° 33′ 55″ Nord
3° 20′ 00″ Est / 46.56527, 3.333333
Altitudes mini. 202 m m — maxi. 240 m m
Superficie 8,61 km²
Histoire
Faits historiques L'histoire de la ville de Moulins est étroitement liée à celle des Ducs de Bourbon, puisqu'elle devient la capitale du duché et de ses importantes dépendances en 1327. Cet état de fait perdurera jusqu'en 1523, avec la défection du connétable de Bourbon.
Des origines légendaires
La tradition populaire raconte qu'un sire de Bourbon, perdu après une journée de chasse, aurait trouvé refuge dans un moulin sur les bords de l'Allier. Tombé amoureux de la meunière qui l'avait recueilli, pour justifier ses fréquentes venues, il fit bâtir à l'emplacement actuel du palais ducal un relais de chasse. Une ville se développera autour : ce sera Moulins[2],[3].
Les premiers temps
C'est en 990 qu'apparait la première mention de Moulins dans un document : à l'occasion de la donation d'une chapelle dédiée à Saint-Pierre à l'abbaye de Cluny par quatre religieux, les frères Vion, Lambert, Bérard et Guillaume, on apprend que celle-ci se trouve «in villa Molinis»[4]. Cependant, le peuplement des rives de l'Allier en cet endroit est bien antérieur au Xe siècle, mais jusqu'alors, il n'était question que d'Yzeure, tant dans les archives que sur le terrain. En 1097, toujours dans des actes de donation, on parle d'une «capellam de Molinis», puis en 1103, d'une «ecclesiam de Molinis». L'évolution des structures religieuses tend à indiquer que la ville prend rapidement de l'importance.
En 1232, comme précédemment pour d'autres ville du Bourbonnais, Archambaud VI, seigneur de Bourbon, accorde aux bourgeois de Moulins une charte de franchise, contre une rente annuelle de 200 livres [2]. Cette charte n'est que la confirmation des droits déjà accordés par Archambaud V, beau-fils de Louis VI Le Gros, roi qui fut particulièrement libéral envers les diverses communes de son royaume. Les habitants de Moulins pourront à l'avenir administrer eux-mêmes leur cité : quatre consuls, présidés par un fonctionnaire ducal, seront élus tous les ans. Devenue ville franche, Moulins attire nombres d'étrangers, l'activité économique naît et prend un essor important. Dans le courant du XIIIe siècle, la cité compte quelques mille habitants[5]. En 1244, la contribution annuelle de 200 livres est supprimée, remplacée par une «taxe de bourgeoisie» : tous les habitants sont dans l'obligation de s'acquitter d'un montant variant de 2 à 6 sols, selon leurs revenus[2].
En 1327, la seigneurie du Bourbonnais est érigée en duché par le roi de France Charles IV Le Bel. Louis Ier Le Grand, premier duc de Bourbon, réside peu à Moulins, de même que son fils et successeur, Pierre Ier [4]. Le duché n'avait pas alors de capitale fixe : la famille, originaire de Bourbon-l'Archambault, résidait aléatoirement dans cette même ville, à Moulins, Souvigny ou Chantelle[2]. Les travaux qu'ils entreprennent sont minimes : édification des soubassements de la Malcoiffée, le donjon du palais ducal, pour le premier[4] ; autorisation de l'installation du couvent des Carmes, plus vieil établissement religieux de la ville, pour le second[2].
Capitale des ducs de Bourbon
C'est avec Louis II Le Bon que Moulins devient effectivement capitale du duché, et, comme lieu de résidence des ducs, de facto la capitale des territoires sous leur administration :
« Nostre ville de Molins en laquelle nous, nostre très chière et très
aimée compaigne la duchesse et nos enfants vous acoustumés de
faire notre demeure plus souvent et continuellement que autre part,
nous ou eulx estans en notre païs de Bourbonnois[4] ».
Durant son règne, et sous ses ordres, s'élèvent l'hôpital Saint-Nicolas, qui vient s'ajouter à l'hôpital Saint-Julien, fondé au XIIIe siècle, la première collégiale Notre-Dame, la première enceinte, dont les cours actuels Anatole France et Jean Jaurès rappellent l'emplacement. En 1369, il crée à Moulins l'ordre de l'Écu d'or, et en 1370 celui de Notre-Dame du Chardon, dont Du Guesclin sera le récipiendaire le plus connu. Enfin, en 1374, il fonde la Chambre des Comptes de Moulins[4]. En 1400, Moulins compte 5000 habitants[5]. Le duc s'éteint en 1410 au château de Montluçon.
Jean Ier lui succède. En 1412, s'étant engagé aux côtés des Armagnac, Moulins est assiégée, sans succès, par les Bourguignons[2]. En 1429, alors qu'il est prisonnier des Anglais —le duché est dirigé par son épouse Marie de Berry— Jeanne d'Arc vient séjourner à Moulins et se recueillir auprès de la Vierge Noire. En témoigne une plaque commémorative (récente) posée à l'angle de la rue d'Allier et de la rue de la Flèche.
De 1434 à 1456, le duc de Bourbon est Charles Ier.
Anne de France et sa fille Suzanne de Bourbon, priant
Jean II, surnommé Le Bon, comme son aïeul, ½uvra lui aussi pour sa capitale. A la fin de la Guerre de Cent Ans, il fait édifier une seconde collégiale, en remplacement de la première, un premier Jacquemart (beffroi). On peut encore observer des maisons de cette époque dans le vieux Moulins (Hôtel Demoret, rue Grenier et rue de Orfèvres[4]). La cour ducale est brillante et réputée. Au nombre des artistes qui y séjournent, on compte Michel Colombe, Jean de Rouen, et même François Villon, en 1457[6]. Mort en 1588, sans héritier légitime, ses successeurs sont ses frères : Charles II, cardinal archevêque-comte de Lyon, qui abdique rapidement, et Pierre II.
C'est à l'époque de Pierre II, sous les auspices d'Anne de France, son épouse et fille de Louis XI, que la renommée de Moulins et la puissance de la famille ducale atteignent leur apogée, même si la peste ronge la ville avec virulence dès la fin du XVe siècle, et ce jusqu'au milieu du XVIe siècle. On y peint le fameux triptyque du Maître de Moulins, la duchesse fait réaménager l'aile Nord du palais ducal (l'actuel pavillon Anne de Beaujeu), on y rédige Les enseignements d'Anne de France à sa fille Suzanne de Bourbon. L'administration ducale, réorganisée et modernisée[5], compte près de 1650 fonctionnaires, rien que dans Moulins[2]. En 1494, Charles VIII projette d'envahir l'Italie, et pendant qu'il reste à l'étranger, il confie la famille royale et le gouvernement de la France au duc, qu'il nomme lieutenant-général du royaume. Pierre II ne va pas s'installer à Paris, mais, avec la famille royale, reste à Moulins, qui devient alors la véritable capitale du pays[2]. Il restitue ses pouvoirs, en 1495, à Lyon, au roi. En 1503, le duc meurt. Sa fille, Suzanne, devient duchesse de Bourbon, jusqu'à son mariage avec Charles de Montpensier, en 1505, qui deviendra Charles III de Bourbon.
Pendant le règne de Charles III, Anne de France conserve une très grande influence sur les affaires du duché. En novembre 1518, les notables de Moulins, de leur propre chef, élisent un maire, Jean Chanteau, secrétaire de la duchesse douairière. L'habile choix de ce premier maire, et sa prestation immédiate de fidélité auprès du chancelier ducal conduisirent la duchesse Anne, au mois de décembre de la même année, à accorder une charte municipale qui entérine ce droit pour la ville[2],[4]. Les maires, élus tous les deux ans, seront en charge du pavage, des ponts, de la surveillance du port, de la propreté des rues, de l'approvisionnement du marché, des impositions locales et du bon fonctionnement des assemblées[2].
Le rattachement à la Couronne
Le XVIe siècle : Après le duché, un gouvernement, une généralité
Généralité de Moulins
En 1523, le connétable de Bourbon, Charles III, trahit le roi de France, François Ier , en se ralliant à Charles Quint. Tous ses domaines, le Bourbonnais, le Forez, la Marche, l'Auvergne, et bien d'autres sont mis sous séquestre. Son procès, commencé en 1527, aboutira, en 1531, à la confiscation de tous ses biens par la Couronne. Moulins est déchue de son statut de capitale. Sa Chambre des Comptes est supprimée en 1532, ses archives sont versées à celles de la Chambre des Comptes de Paris. Cependant, en raison des prétentions territoriales que sa mère avait eu sur le Bourbonnais, François Ier s'emploiera à faire de Moulins le centre administratif d'une province royale. Un gouverneur du Bourbonnais est nommé ; le premier sera Jean Stuart, duc d'Albany, en 1531[2]. En 1548, c'est à Moulins qu'a lieu de mariage de Jeanne d'Albret, héritière de Navarre, et d'Antoine de Bourbon, duc de Vendôme. En 1551, la ville reçoit un Présidial, qui gagne en importance en 1657 avec la suppression de celui de Montluçon ; en 1587, elle devient le siège d'une généralité, qui regroupe le Bourbonnais, la Nivernais et la Marche. A la mort d'Henri II, en 1559, le Bourbonnais devient le douaire des reines de France, et ce jusqu'en 1659[2]. En 1587, le roi Henri III, en récompense de la fidélité de Moulins pendant les troubles qui agitent le royaume, prévoit d'y installer un Parlement ; mais un pamphlet, Remontrances très humbles contre l'établissement demandé d'un Parlement à Moulins, fait avorter le projet[2].
Du 22 décembre 1565 au 23 mars 1566, le roi Charles IX, à l'occasion de son grand tour de France, séjourne, avec toute la cour, à Moulins. Le futur Henri III de France y est fait Duc de Moulins[7] et l'Edit de Moulins est publié. L'édit de Moulins est une règlementation du domaine royal, parfois considérée comme une source historique du domaine public.
La population ne cesse de croître, à tel point qu'à partir de 1536, une seconde enceinte est érigée, pour protéger tous les faubourgs qui s'étalaient au-delà de la première muraille de Louis II. En juin 1562, au début des guerres de religion, les huguenots tentent de s'emparer de la Moulins, pour densifier le réseau des forteresses qui sont en leurs mains. Commandés par François Poncenat et M. de Saint-Auban, ils assiègent la place, qui est défendue par Jean de Marconnay, seigneur de Montaret. Apprenant l'arrivée imminente de troupes envoyées par le Gouverneur de Nevers à celui de Moulins, et face à la résistance qu'oppose la ville au siège, les réformés battent en retraite. Cet évènement conduit à une violente réaction dans les campagnes avoisinantes : tous ceux qui auraient soutenus les Huguenots, ou qui en seraient, sont massacrés[2].
Après l'assassinat de son époux le roi Henri III de France en 1589, ne pouvant habiter le Château de Chenonceau alors criblé de dettes, la reine-douairière Louise de Lorraine se retire au Château de Moulins où elle meurt en 1601.
Le XVIIe siècle : Contre-Réforme et absolutisme
Après le Concile de Trente, et avec la Contre-Réforme catholique, un très grand nombre de couvents et monastères s'installent à Moulins. De trois établissements religieux avant 1600, on en compte treize à la fin de ce siècle : Carmes (1352), Jacobins (1515), Clarisses (1521), Capucins (1601), Augustins (1615), Ursulines (1616), Visitandines (1616), Minimes (1621), Chartreux (1622 et 1660), Carmélites (1628), Bernardines (1649), Filles de la Croix (1682)[4]. En 1604, par lettres patentes, le roi Henri IV autorise la fondation d'un collège jésuite[2]. Enfin, en 1641 meurt à Moulins Jeanne de Chantal, fondatrice de l'ordre de la Visitation.
Claude Louis Hector de Villars
Dès le début du XVIIe siècle, les prémices de l'absolutisme se font sentir, et Moulins devient une terre d'exil. Le 18 novembre 1632, Marie-Félicie des Ursins, l'épouse du duc Henri II de Montmorency, qui vient d'être exécuté à Toulouse pour crime de lèse-majesté, arrive à Moulins pour être retenue captive dans l'ancien palais ducal. Rapidement, elle est rendue à la liberté, se retire en 1634 au couvent de la Visitation de Moulins, dont elle devient une religieuse en 1641[4] (l'année même où meurt dans ce même couvent de Moulins la fondatrice de l'Ordre, Jeanne de Chantal). Elle fera construire un mausolée, à côté du couvent, où seront entreposés la dépouille mortelle de son mari et son propre corps, à sa mort. Après la disgrâce du surintendant des Finances Nicolas Fouquet, sa famille, dont son épouse, Marie-Madeleine de Castille, est envoyée en exil à Montluçon, puis à Moulins et enfin à Souvigny[4]. En 1653, naît à Moulins Claude Louis Hector de Villars, qui deviendra en 1733 maréchal général des camps et armées du roi. Son père étant alors en exil (il était notamment haï de Louvois), sa mère se retire chez sa tante, Mme de Saint-Géran, épouse du gouverneur du Bourbonnais, à Moulins[4].
Un autre militaire naitra à Moulins, il s'agit de Jacques Fitz-James de Berwick, en 1670, qui deviendra maréchal de France.
Au XVIIe siècle, la population continue de croître et l'industrie se développe. Les rives de l'Allier sont urbanisées, avec l'expansion de la batellerie[4]. La coutellerie de luxe et l'industrie armurière de Moulins connaissent leurs heures de gloire. La première s'éteindra avec la Révolution, et donc la fin de la haute noblesse, la seconde ne survivra pas à l'avènement des armes à feu. D'après le journal de Jean Héroard, médecin attaché à la personne du dauphin puis roi Louis XIII, on apprend qu'en 1603 la ville de Moulins offre au dauphin, qui est âgé de deux ans, sa première armure. Sous le règne d'Henri IV, on entreprend d'établir une industrie séricicole à Moulins, comme en beaucoup d'endroits du royaume. Enfin, durant la seconde moitié du siècle, des travaux d'embellissement de la ville sont effectués, avec notamment l'aménagement des cours de Bercy et d'Aquin[4].
Le 22 avril 1654, Louis XIV modifie les critères d'admission au sein du conseil municipal, « afin de remédier aux brigues, cabales et monopoles pratiqués, depuis quelques années, dans la ville de Moulins, pour l'élection du maire » : seuls des notables pourront y siéger. Par un édit d'août 1692, il crée les charges de maires perpétuels, non élus, qui doivent être achetées, dans le but de renflouer le Trésor et soutenir l'effort de guerre. En 1693, Bernard de Champfeu acquiert le poste de maire perpétuel de Moulins pour la somme de 44.000 livres. En 1705, le mandat électif pour les maires est rétabli, mais pour avoir l'insigne honneur d'élire leur maire, les villes doivent payer une taxe au Trésor et dédommager l'actuel maire perpétuel. En 1712, M. de Champfeu est totalement remboursé et est remplacé par un maire élu, M. Vernin[2].
Le XVIIIe siècle : Un pont en dur et une Révolution
Durant le XVIIIe siècle, les travaux d'embellissement de la ville se poursuivent, mais la grande réussite architecturale de ce siècle à Moulins est le pont que l'ingénieur Louis de Régemortes parvient à construire sur l'Allier. Au niveau de Moulins, l'Allier est relativement étroit, et c'est sans doute une des raisons qui poussa initialement des populations à s'installer ici. Longtemps des ponts en bois seront construits, tous emportés par des crues. En 1499, le duc Pierre II prévoit de faire construire un pont de pierre, mais son projet n'est pas réalisé. L'an 1532 marque un tournant, puisque l'on construit effectivement le premier pont de pierre de Moulins. Il sera emporté. En 1595, on le reconstruit. Las, il est emporté en 1676. C'est que le lit de la rivière est particulièrement sablonneux à Moulins, rendant les fondations de ces édifices très fragiles. Lorsque les ponts sont effondrés, on traverse à bac. En 1685, un nouveau pont est bâti, il s'effondre quatre ans plus tard. Au début du XVIIIe siècle, Jules Hardouin-Mansart conçoit les plans d'un futur pont, qui s'écroulera en 1710[8]. Saint-Simon rapporte, dans ses Mémoires, l'annonce au roi et à l'architecte de cet évènement[9]. Cependant, il faut ici constater que le mémorialiste affabule, puisque Hardouin-Mansart meurt en 1708. En 1750, Louis de Régemortes, Premier Ingénieur des Turcies et Levées de la Loire, s'emploie à résoudre ce problème, et achève en 1762, après force travaux, un ouvrage qui est resté, jusqu'à aujourd'hui, intact. Il fera publier en 1771 Description du nouveau pont de pierre construit sur la rivière d'Allier à Moulins, dans lequel il indique par quels moyens il est venu à bout des difficultés qui causaient la ruine de chacune des entreprises précédentes.
Dès 1778, des tentatives de réformes sont engagées par Jacques Necker, notamment de décentralisation, avec la mise en place d'assemblées provinciales, compétentes pour répartir et lever les impôts, diriger la construction des routes et faire au Roi des représentations en vue du bien de la province. D'abord établies en Berry et Haute-Guyenne, ces assemblées sont autorisées en Bourbonnais par lettres-patentes de 1780, confirmées en 1781. Mais cette tentative n'est qu'éphémère, puisqu'elle prend fin, pour le Bourbonnais, dans le courant de 1781. Elle est cependant rééditée en 1788. Le 27 septembre de la même année, le Parlement de Paris enregistre l'édit de convocation des États Généraux. A partir du 16 mars 1789, les trois ordres sont réunis à Moulins pour élire leurs représentants et rédiger les cahiers de doléances. Le 21 mars, Moulins connaît une nuit du 4 août anticipée : la noblesse fait savoir aux clergé et tiers état qu'elle renonce à tous ses privilèges : « la noblesse fait, avec plaisir, au tiers-état le sacrifice de tous ses privilèges pécuniaires, ne demandant à se réserver, franc de toutes impositions réelles, que le manoir seigneurial, avec sa cour et son jardin, pourvu que le tout n'excédât pas la valeur de deux arpents royaux, assurant que ladite noblesse se bornait à cette distinction purement honorifique ». Le clergé, à son exemple, se dit alors « prêt, de son côté, à faire le sacrifice de tous ses droits sans aucune réserve »[2].
Joseph Fouché
Dès 1787, une société philosophique, La Société de Moulins, est fondée dans la ville. On peut penser que c'est des idées qu'elle diffuse que découle l'engagement de la noblesse et du clergé bourbonnais de renoncer à leurs privilèges. C'est un club de notables. En 1791, elle fait place à la Société des Amis de la Constitution, affiliée au Club des Jacobins, qui réunit la haute bourgeoisie moulinoise, instruite et modérée. Elle siège, à partir de 1792, en l'église Saint-Jean. Enfin lui succède La Société populaire, dont la plupart des membres fait partie du petit peuple[2]. Les élections municipales de décembre 1792 mettent à la tête de la ville des citoyens "plus républicains", qui commencent à prendre des mesures fortes, avec le soutien de la Société populaire. C'est bientôt l'avènement de la Terreur. Du 17 avril au 1e octobre 1793, avec l'accord du Conseil Général du département, dont Moulins est devenue la préfecture en 1790, un Comité central de sûreté publique est formé. Le 10 juin 1793, Jacques-Pierre Brissot, l'un des chefs des Girondins à la Convention, est arrêté à Moulins. La guillotine est dressée place Brutus (place d'Allier). En septembre, Joseph Fouché, envoyé de la Convention, arrive à Moulins. Il n'y reste que quelques jours, mais y laissera des marques certaines : à son instigation est formée une armée révolutionnaire pour l'Allier, qui sera sous les ordres du Comité de surveillance départemental, il remplace des fonctionnaires, procède à des levées de fonds auprès des « riches », accentue la Terreur. Le 31 décembre 1793, trente-deux moulinois, envoyés par le Comité de surveillance à Lyon, sont exécutés. Succédant à Fouché, Noël Pointe, représentant du peuple près les départements de la Nièvre, le Cher et l'Allier, s'emploie à modérer les mesures prises par son prédécesseur. Les représentants du peuple qui suivront Pointe ½uvreront tous dans le même sens[2].
Durant la Révolution, à Moulins, suite à la loi du 19 juillet 1792, une manufacture d'armes est instituée, qui fonctionnera concurremment avec une fonderie de canons. La ville compte de très nombreux clochers car elle abrite un grand nombre d'établissements religieux. Ces clochers seront rasés. Le 5 vendémiaire, an V, l'Ecole centrale de Moulins est inaugurée, succédant au collège qui avait été fondé par les jésuites[2].
Époque contemporaine
En 1804, l'Ecole centrale de Moulins est remplacée par un lycée, l'un des premiers de France. Il deviendra le lycée Théodore de Banville. Sous l'impulsion de Napoléon III, la cathédrale est agrandie par la construction d'une nef. Dans le même temps, l'église du Sacré-C½ur est élevée. C'est la première église consacrée au Sacré-C½ur de Jésus-Christ en France[4].
Culture et patrimoine Rue de l'ancien Palais.
Moulins présente un intéressant centre-ville, dominé par les hauts clochers de la Cathédrale Notre-Dame et du Sacré-C½ur. Mélant les styles de différentes époques, avec, néanmoins une dominante médiévale et Renaissance, Moulins est classée ville d'art et d'histoire depuis 1997.
Médiathèque
Dotée du statut de Bibliothèque Municipale Classée, la médiathèque municipale comprend des collections de manuscrits, des incunables, des livres et périodiques anciens, et permet la consultation sur place et le prêt de livres, revues et CD musicaux.
Monuments et lieux touristiquesMonuments Laïques
La tour jacquemart.
* Tour de l'Horloge, dite « Jacquemart » avec toute sa famille d'automates qui égrènent les heures, vestige de l'ancienne enceinte (XVe siècle).
* Tour de "La Mal-Coiffée", vestige de l'ancien château médiéval des ducs de Bourbon, ancienne prison dont la rénovation fut terminée en 2007.
* Le Palais de Justice (XVIIe siècle), plafonds peints, ... Route de Paris.
* Caserne du Quartier Villars (XVIIIe siècle), aujourd'hui centre national du costume de scène
* Lycée Théodore-de-Banville, premier lycée de France.
* Le Grand Café, une des dix plus belles brasseries de France d'époque 1900, sur la place d'Allier. L'intérieur répertorié Monuments Historiques[réf. nécessaire].
* Grande façade des "Nouvelles Galeries", donnant sur la rue d'Allier, de style " Beaux-arts " 1900.
* Pont Régemortes, construction terminée en 1763.
Monuments religieux [modifier]
Panneau central du tryptique.
La malcoifée et la cathédrale en arrière-plan.
* Cathédrale de Moulins : Ch½ur gothique flamboyant du XV° siècle en grès jaune orangé (ancienne collégiale Notre-Dame), nef et flèches néo-gothique rayonnant avec mélange de calcaire blanc et de pierres noires de Volvic (dans le style du gothique du XIIIe siècle considéré alors comme le plus pur par les historiens et architectes du XIXe siècle). Les travaux d'achèvement de la cathédrale, entrepris dès les années 1850 sur les premiers plans des architectes Lassus et Millet qui s'inspirèrent de la cathédrale de Senlis, notamment pour les flèches, ne furent pas menés à leur terme, par suite de nombreux revers tant sur le plan financier que sur le choix défectueux des matériaux. L'architecte qui leur a succédé et poursuivit les travaux jusque dans les années 1880 se détourna des plans initiaux, tant au niveau des matériaux, des flèches, que pour les toitures de la nef qui devaient être alignées sur celles du ch½ur. Il en fut de même pour la flèche centrale beaucoup plus modeste que dans les projets initiaux. La cathédrale abrite le célèbre triptyque du Maître de Moulins. Ses deux flèches atteignent un peu plus de 80 mètres.
* Église Sainte-Claire, chapelle de l'ancien monastère des Clarisses, dont le cloître fut percé par l'actuelle rue de la Comédie (arche du cloitre encore visible sur les façades des maisons)
* Église du Sacré-C½ur, première église en France consacrée au Sacré-C½ur de Jésus vers 1870 après 20 ans de travaux de construction. Elle est aussi considérée comme l'un des chefs d'½uvre du courant néo-gothique par sa composition particulièrement soignée et harmonieuse due au grand architecte Lassus
* Église Saint-Pierre : magnifique clocher et encadrements de fenêtres en gothique flamboyant
* Chapelle de l'Ancien couvent de la Visitation Sainte Marie (vers 1650), monastère où décéda sainte Jeanne de Chantal en 1641, qui fut jusqu'en 1998 la chapelle du Lycée Banville. Elle abrite le mausolée du Duc de Montmorency, pair de France, exécuté pour son complot contre Richelieu aux côtés de Gaston d'Orléans. Sa veuve, Marie-Félice des Ursins, se retire dans ce monastère en 1637 et consacre son influence et sa fortune au rayonnement de ce monastère et à la construction de ce remarquable mausolée, sculpté par Anguier.
Patrimoine culturel
Le musée départemental Anne de Beaujeu. * Théâtre municipal (néoclassique, XIXe siècle)
* Musée départemental et municipal "Anne de Beaujeu" (dans l'ancien Pavillon "Anne de Beaujeu", premier bâtiment édifié en France de style Renaissance) : remarquables collections de sculptures bourbonnaises (XIIe siècle-XVIIe siècle), de peintures allemandes et flamandes du Moyen-Âge et de la Renaissance, de céramiques XVIe siècle-XVIIIe siècle, sans oublier l'archéologie, en particulier des monnaies, des statuettes et des objets gallo-romains en terre cuite de l'Allier et une section d'antiquités égyptiennes.
* Musée du bâtiment : dans une ancienne maison du XVIIIe siècle siècle (ayant accueilli les Compagnons du devoir), ce musée consacré au bâtiment présente des expositions permanentes relatives au passé et à l'évolution de chaque acteur de la construction : techniques, outils, maquettes, plans, savoir-faire.
* Citévolution.
* Centre national de l'illustration, ouvert depuis le mois d'octobre 2005, présente les ½uvres d'illustrateurs de livres de jeunesse en vue de leur conservation.
* Centre national du costume de scène, inauguré le 1er juillet 2006 : conserve et présente une prestigieuse collection de 10 000 costumes de scène accompagnés de leurs accessoires, déposés par trois établissements nationaux, la Bibliothèque Nationale de France, la Comédie française et l'Opéra National de Paris.
* Musée de la Visitation, patrimoine de l'Ordre de la Visitation, composé de collections textiles uniques par leur fraîcheur et leur diversité, d'orfèvrerie civile et religieuse réunies dans une salle forte, et d'objets d'art et de dévotion de 1550 à nos jours. L'ensemble est l'unique exemple en Europe d'un lieu de mémoire consacré au patrimoine et à l'histoire d'un Ordre monastique (fondé en 1610). Permet de découvrir et de toucher du doigt l'Histoire de France et l'histoire des femmes durant ces quatre siècles. À noter la présence d'objets retraçant l'histoire locale du Bourbonnais qui accueille encore un monastère de la Visitation.
* Triptyque du maître de Moulins, visite guidée. Le maître de Moulins, dont l'identification a fait couler beaucoup d'encre, était attaché à la cour des ducs de Bourbon. Parmi ses ½uvres, le triptyque de la cathédrale de Moulins, daté de 1502, est dans un excellent état de conservation. Il représente la Vierge de l'Apocalypse, en compagnie des donateurs, le duc Pierre II et la duchesse Anne de Beaujeu, avec leur fille Suzanne.
26 mai, de passage à Moulins, nous allons à la cathédrale afin d'admirer le triptyque du Maître de Moulins. Ce triptyque compte parmi les sommets de la création artistique médiévale. Il est à comparer avec le rétable d'Issenheim ou aux plus belles pièces du musée du Louvre. A la perfection de l'exécution dans le style de l'école flamande, s'ajoute l'intemporalité du message qu'il véhicule. Il s'agit d'un témoignage de haute spiritualité qui invite au recueillement, à la contemplation et à la méditation. La plupart des musées européens proposent aux visiteurs qui le désirent des enregistrements qui leur permettent de se guider, de savoir devant quelle ½uvre ils se trouvent et de recevoir des indications à son sujet. Munis de casque à écouteurs, ils le font sans préjudice pour ceux qui privilégient une approche esthétisante de l'½uvre d'art. En raison de la conception même du triptyque qui nécessite la manipulation des volets, la présence d'un gardien est indiquée. Qu'il soit en mesure de présenter ce tableau et de répondre aux questions est une chose. De là à lui demander de diffuser une bande son par haut-parleur en est une autre. L'intrusion de messages sonores dans l'espace public, gares, zones piétonnes, centres commerciaux est un phénomène que certains déplorent. Dans le cas d'une ½uvre magistrale de notre patrimoine, c'est la ravaler au rang de farces et attrapes de parcs d'attraction. C'est en interdire l'accès.source: wikipédia